15 juillet 2006

Les Dents du Ciel

requin

Lilian fixe son écran de contrôle interloqué, c’est quoi ce bazar ! Il entre en communication avec la cabine de pilotage pour dire au vol 743 d’arrêter de se prendre pour un yoyo et de recoller à son plan de vol. Le commandant lui répond qu’ils sont poursuivis et qu’ils ont besoin d’aide pour atterrir le plus rapidement possible. Poursuivis ? Lilian écrase le bouton rouge des situations de crise. Précisions sur l’appareil qui les attaque ? Dans le cockpit, silence embarrassé. Le responsable de la sécurité, Michel Salar qui a rejoint Lilian, s’empare brutalement du micro. Il demande au commandant d’arrêter de faire le con et de décrire l’agresseur . Celui-ci finit par s’exécuter : requin blanc, long de plus de 10 mètres au moins ! Son copilote bredouille mais il confirme qu’il y a bien un grand blanc qui fend l’écume des nuages juste au dessous d’eux.

Dans la salle de contrôle, l’action se fige, toutes les paires d’yeux remontent à la surface au dessus des ordinateurs. Michel Salar couvre le micro et demande à Lilian de convoquer le psy dare-dare. Il prend une profonde respiration et s’adresse calmement aux pilotes « OK, il y a un grand méchant requin blanc qui vous suit dans les nuages… C’est parfait ça, je suis tombé dessus lors de ma dernière simulation. Donc voici les consignes : on va faire comme s’il n’existait pas et poser votre avion en douceur pour ne pas trop secouer nos passagers ». Pour Salar, les deux pilotes sont sous acide et il les cueillera personnellement à l’arrivée . Ils vont redescendre au propre comme au figuré ! Des hurlements de terreur les font alors tous sursauter. Les pilotes s’affolent en criant qu’ « Il » se rapproche. Lilian leur délivre les coordonnées de la piste dégagée dans l’urgence. Ambulances et camions de pompiers s’élancent sur un air de sirènes.

L’avion  crève les nuages et amorce une descente saccadée. Lilian ne le lâche pas, obligeant les pilotes à rectifier leur trajectoire, les tenant à bout de voix. Quelques secousses au contact mais l’appareil finit par s’arrêter tout frémissant en bout de piste.Les toboggans se déroulent d’un coup, comme une langue tirée après une course épuisante. Les passagers y dégringolent en proie à la frayeur la plus totale. Les équipes de secours sont débordées. Ils ont l’impression de voir débouler des rugbymens. Impossible de mettre bon ordre dans cette fuite éperdue. Le capitaine des pompiers n’en croit pas ses yeux. Tous ces gens qui courent comme des dératés sur l’asphalte! Il se demande s’il ne devrait pas leur donner une bonne douche froide pour les calmer. Un de ces hommes lui tapote doucement l’épaule, il a un air étrangement absent et lui montre quelque chose dans le ciel. Le capitaine suit son geste et soudain, son uniforme de pompier pèse plus lourd. En un instant, il redevient l’enfant qui jouait au héro dans un costume trop grand pour lui.

Un peu plus tard…à l’Elysée, un bureau qui s’il n’est pas ovale n’en est pas moins mythique. L’âme désincarnée de Mitterand aime y gaspiller des miettes d’éternité.

Se joue un face à face entre Dominique Villepin et Nicolas Sarkozy. Devant un tel duo, les autres personnages  présents dans la pièce ne sont que des doublures lumière. La situation exige qu’un haut personnage de l’état affronte cette menace inédite. La question est de savoir quel petit blanc va aller au devant du grand blanc.Vu que le monstre menace l’ordre public, c’est finalement Sarko qui s’y colle. Dès sa sortie du bureau, Villepin confie à son conseiller que pour la première fois le ministre de l’intérieur va se trouver face à quelqu’un qui la les dents plus longues que lui. Quand à Sarko tout ce qu’il touche se transforme en promo et il se voit déjà à la une des journaux. Un petit missile pour transformer le requin en steack tartare et il sera propulsé héros national…

En débarquant sur le site, Sarko ne peut manquer l’attraction fatale du jour qui fait des ronds très loin au dessus d’eux. Et là, c’est très bizarre ce qui lui arrive parce qu’une partie de lui est persuadée être remonté en voiture et avoir fait machine arrière toute et pourtant la seconde suivante il se retrouve bien droit en train de marcher dans ses chaussures . Comme elles se dirigent vers la cellule de crise, il comprend qu’il y va aussi.

Une voix dans sa tête : « Nicolas, c’est Dieu, tu m’entends ? » Sarko se fige…merde, ça y est il perd les pédales !La voix s’insinue encore : «  coucou, ici Dieu ». En voilà un qui a bien choisi son moment, ne peut s’empêcher de penser le ministre de l’Intérieur. A tout hasard, il choisit de calmer l’intrus en lui disant de repasser plus tard, qu’il est un peu occupé là. Dieu admet que c’est vrai et que ça risque d’empirer. Effectivement les Dents du Ciel font une chûte en piqué à une telle vitesse que la minute d’après elles se retrouvent juste flottant à moins d’un mètre d’un Sarko liquéfié et prématurément blanchi. Tu es disposé à m’écouter maintenant ? c’est moi Dieu !

Dieu ? c’est impossible : Dieu, c’est un grand barbu à l’aspect paternel, c’est pas cette gueule broyeuse de 5 mètres de large !  Mais…mais balbutie Nicolas, pourquoi avoir choisi cette forme pour apparaître ? Le requin ouvre une bouche béante, « c’est ma forme originelle, elle ne te plait pas ? tu croyais quoi.. que Dieu était à votre image ?, que vous étiez le peuple élu ? Vous autres les humains, vous ne doutez de rien ! ». Sarko fait d’énormes efforts pour se ressaisir. « Qu’est ce que … qu’est ce que vous êtes venu faire ici… enfin vous êtes chez vous, bien entendu… mais en quoi puis je vous servir ? » « Je suis venu faire une visite d’inspection sur Terre, et ce que je vois ne me plais pas du tout. L’océan et les espèces qui y vivent sont en grand danger à cause de votre folie humaine. Je pense que je vais en être quitte pour un petit nettoyage au karcher ». L’image du missile traverse rapidement l’esprit de Sarko qui la chasse de peur d’être démasqué. Mais Dieu soupire « faut que je te dise : pour le missile, c’est une fausse bonne idée, il n’y a pas que les petits pains que j’aime multiplier … »

Nicolas Sarkozy plaide la cause de la race humaine, allant chercher jusqu’au fond de ses tripes qu’il a super longues. Il ne joue pas la comédie, il tient à la vie et particulièrement à la sienne. Si son avenir présidentiel  est lié à la protection de l’océan et des poissons, qu’à cela ne tienne ! il va devenir le gardien de toutes les mers. Il nettoiera chaque océan, un par un (ou fera nettoyer). La pollution sera éradiquée. Les requins deviendront une espèce protégée…En quelques minutes il retourne sa veste et élabore un programme écologique qui ferait palir d’envie Nicolas Hulot. Dieu lui rétorque qu’il est las d’entendre des promesses. Lors de sa dernière visite, il avait épargné Noé, beau parleur aussi… et il faut voir où on en est aujourd’hui. Non vraiment, les humains sont une expérience qui a mal tournée. Il faut savoir corriger ses erreurs.

Sarkozy lui dit qu’il comprend tout à fait mais que l’on peut transformer ses erreurs en atout, que chaque chose finit par avoir sa raison d’être. Tout créateur doit aussi être joueur et Nicolas le supplie de miser sur lui. Dieu rechigne un peu et il finit par dire « Bon je vais pousser jusqu’à Titan pour voir comment la situation évolue sur cette planète, et ensuite je repasserais par ici. Sauf que là je ne m’encombrerais pas des politesses et je ne viendrais pas dire bonjour, si tu vois ce que je veux dire » Il hésite et rajoute « ah et inutile de prier, ça ne sert à rien, je n’écoute jamais la fréquence humaine, ça me bétifie ». Le requin s’élance ensuite massivement vers le ciel, trouant les nuages puis la voute céleste.

Aussitôt une nuée d’experts entoure Nicolas Sarkozy, qui trouve cette solidarité masculine un peu tardive. Il s’évanouit à retardement, certe, mais mieux vaut tard que jamais. Personne ne le retient avant qu’il ne s’écroule lourdement sur le sol, chacun étant persuadé que son voisin s’en chargerait. Un peu plus tard et une grosse bosse en plus, Sarko explique ce qui s’est passé et l’intégralité de son entretien avec Dieu. Un conseiller politique estime que c’est Greenpeace qui a monté le coup avec l’aide de David Copperfield. Le ministre de l’Intérieur mesure ainsi la course d’obstacles qui l’attend. Il se demande à combien d’années Lumière se situe Titan… Si ça se trouve le temps que Dieu revienne, il ne sera plus de ce monde et il n’aura plus à s’embêter avec ces conneries… Les responsables religieux arrivent, tous éberlués. Sarko a envie de se défouler sur eux. Très courtoisement, il leur fait part de son étonnement sur le manque de précision des documents de référence religieux. Il leur conseille de changer la couverture de la bible pour mettre une reproduction d’un grand requin blanc avec comme titre « Les Dents du Ciel ». Il leur demande aussi s’il est mentionné quelque part à quelle vitesse leur créateur voyage dans la galaxie mais il voit à leur tête que c’est peine perdue... Un des évêques semble prier. Sarko se venge en délivrant le dernier message de Dieu. Pour lui, c’est une bonne chose, tout ce temps passé à prier est du temps perdu et le temps c’est de l’argent…

Posté par Y_Woman à 18:25 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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